Le site de défense côtière

du XVIIIe siècle

L'histoire du site de Port l'Épine

En raison de sa localisation dans la rade de Perros-Guirec, la pointe de Port l’Epine (Porz Spern), butte rocheuse face à la mer, a depuis des siècles joué un rôle important dans la surveillance et la défense de la côte.

Au fil du temps des aménagements de surveillance et de défense s’échelonnent : corps de garde, guérites, magasin de poudre, batterie côtière et fortifications allemandes du Mur de l’Atlantique.

Aujourd’hui, il subsiste, visibles, des éléments du corps de garde, de la batterie, d’une guérite et des fortifications allemandes.

La batterie

Au début du XVIIIe siècle, une position défensive existait à Trélévern. Elle fut sans doute mise en place, sous l’impulsion de Vauban (1633-1707), Commissaire général des fortifications depuis 1678. Dans un rapport du 26 juin 1744, le chevalier de Lescouët, ingénieur, donne une description de l’état de celle-ci : « au nord du corps de garde de la paroisse du même nom paroissent les vestiges d’une batterie percée de 7 embrasures, il n’y a ny canon, ny platteforme, et les merlons ont besoin de baucoup de réparations ».

L’inspecteur général de la marine, Le Masson du Parc (1671-1741), avait d’ailleurs déjà demandé lors de son inspection des côtes en 1735, la mise en place d’une batterie afin de « compléter la défense de la rade de Perros où les corsaires font des incursions pour capturer les navires de commerce ».

Dans la période 1744-1746, une nécessaire rénovation des batteries côtières donne donc lieu à l’établissement de projets et de plans. Celle de Trélévern « sera faite à barbette1, et rétablie sur le même tracé qui paroit encore, dont la figure est une portion de cercle ».

En 1747, la batterie porte le n° 56. Le duc d’Aiguillon (1720-1788), commandant en chef de Bretagne, rédige en juin 1756, un compte-rendu de son inspection des côtes et mentionne que « la batterie de Trélévern est bien située et en bon état ».

Jusqu’à son désarmement définitif (1817), la batterie de Trélévern apparait dans les différents états ou comptes-rendus d’inspection.

1 Batterie sans créneau, ni merlon, tir par-dessus le parapet

Le corps de garde de Crec’h an Ty Gward

Les miliciens gardes-côtes sont des habitants de paroisses environnantes comme le précisent les différents règlements établis dans cette période, notamment celui du 28 janvier 1716, qui structure le service de la garde-côte, jusqu’en 1756.

L’ordonnance du 26 février 1756 du duc d’Aiguillon (1720-1788), commandant en chef de Bretagne (1753-1768) mentionne que les hommes composant les compagnies détachées sont tirés au sort parmi les garçons célibataires, âgés de 18 à 45 ans, habitant les paroisses garde-côte et « de la hauteur de cinq pieds1 sans chaussures ». Ils restent en service pendant cinq années consécutives. 1 1 pied=environ 0.33 m

En temps de paix, deux fois par an, des revues générales (inspections) des compagnies détachées sont menées, avec présence obligatoire des miliciens. Des revues particulières ont lieu tous les mois, ce sont des sessions d’exercices et d’entrainement, avec distribution d’armes, poudre et balles.

En temps de guerre, après l’alerte, les compagnies détachées restent en faction dans les corps de garde et les batteries. Les hommes non-tirés au sort, forment les compagnies de guet.